Franck Richard Stockton (1834—1902) est un auteur et humoriste américain, surtout
connu aujourd'hui pour sa fable
La Femme ou le tigre (d'ailleurs évoquée par Heinlein
dans son article « Grandeur et misères de la science-fiction ».
La récente
polémique soulevée par Alexei Panshin m'a amené à rouvrir
The Best of Science Fiction l'anthologie publiée par Groff Conklin chez Crown, en 1946,
avec une introduction de Campbell posant Heinlein en quasi-prophète de l'atome.
« Solution Unsatisfactory » ouvre le volume (qui contient aussi « Il arrive que ça saute »,
« Goldfish Bowl » et « Univers »), dont le second texte est « The Great War Syndicate »
de Stockton (1889, non traduit à ma connaissance).
Les deux textes sont, avec « Deadline » de Cleve Cartmill, « Il arrive que ça saute »,
et quelques autres, dans la section « The Atom ». Pour autant, « The Great War
Syndicate » ne mentionne aucune technologie particulière. La nouvelle, assez peu
enlevée, décrit une guerre de quatre jours entre les Etats-Unis et la Grande Bretagne :
après l'arraisonnement d'un bateau de pêche US par les Canadiens, le gouvernement
décide de sous-traiter l'action militaire à une association de scientifiques (pour
une somme rondelette : on reste très américain...) qui a développé un super-obus,
qu'on voit exploser dans différentes configurations (dans l'eau, à l'entrée d'un port
canadien, au-dessus du sol, sous terre...). Les descriptions ne sont en effet pas
si loin de celles qu'on associe aujourd'hui à un bombardement nucléaire.
Heureusement, tout est bien qui finit bien : les Britanniques reviennent à de
meilleurs sentiments (et ne sont pas mécontents du nouveau bassin bien aplani
qu'on leur a créé sur la côte galloise...) , une alliance est conclue après la paix et :
F.R. Stockton wrote:
Qu'on ait jamais par la suite fait appel au Syndicat Anglo-Américain
pour faire la guerre, ce n'est pas notre objet ici. Mais ce qui est certain,
c'est que, après sa formation, toutes les nations du monde commençèrent
à enseigner l'anglais dans leurs écoles, et que, dressant la tête, l'esprit
de la Civilisation avait un sourire confiant.
Qui donc parlait de "destinée manifeste" ?