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Le texte complet de « Sympathy for the Devil » est désormais en ligne
— et la polémique fait déjà rage, sur alt.fan.heinlein en particulier,
où Panshin fait une démonstration assez typique de sa dialectique
personnelle. Son rapport à Heinlein, sur quatre décennies maintenant,
est proprement fascinant.
Curieusement, le débat porte essentiellement sur l'aspect "prophétique"
de « Solution Unsatisfactory », volontiers revendiqué par Campbell
mais évidemment absurde, et contesté par Heinlein lui-même dans
une conférence de 1957, « Grandeur et misère de la science-fiction ».
On découvre pourtant quelques pépites dans ces élucubrations.
Le titre de l'essai, d'ailleurs, est explicite : l'idée la plus intéressante,
pour moi, est que « Solution Unsatisfactory » se raccorde au moins
autant à la tradition fantastico-fantasyste de « L'Etrange profession
de Jonathan Hoag » (ou de « The Devil Makes the Law », que Panshin
ne cite pas ?) qu'à celle de L'Histoire du futur ; la nouvelle est
d'ailleurs signée Anson MacDonald, et non Robert A. Heinlein.
Selon une lecture particulière (et Heinlein n'hésitera pas par la suite
à multiplier les niveaux de lecture), Manning pourrait être, littéralement,
le Diable — dont la principale habileté, comme chacun sait, est de faire
croire qu'il n'existe pas. Panshin relève une phrase de son assistant,
qui reconnaît avoir "perdu son âme" dans l'aventure. J'avoue l'avoir prise
jusqu'ici dans un sens strictement métaphorique, mais la possibilité
d'une lecture au premier degré serait bien dans la manière de Heinlein.
A creuser, peut-être..
Une autre idée inattendue est que Campbell n'aimait pas la nouvelle,
et en tout cas ne l'interprétait pas de la même façon que Heinlein
(à preuve, pour Panshin, le changement de titre, d'un « Foreign Policy »,
finalement assez direct, à cette "solution non satisfaisante", reportant
l'accent du problème vers sa solution...). A partir de là, il bâtit une
théorie de "réponse" de Campbell dans les colonnes d'Astounding,
via plusieurs autres auteurs, comme Asimov et Van Vogt,
et en particulier via les titres des nouvelles publiées, comme
« Menteur ! ».
Et pendant qu'il y est... Panshin n'hésite pas à suggérer que les trois
lois de la robotique, soufflées par Campbell à Asimov, serait en fait sa
réponse (plus satisfaisante ?) à la capacité de Manning à faire tuer des
hommes de sang froid, ou à les laisser s'entre-détruire sans assistance,
au nom d'une logique supérieure.
Anti-heinleiniennes, les Trois Lois ? Wow.
(ca ne tient pas une seconde à mon avis, mais Wow quand même !)
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