Forum de discussion sur Robert A. Heinlein

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 Post subject: STAR TREK : ENTREPRISE (une histoire de pionniers)
PostPosted: 26 Oct 2007, 23:53 
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Joined: 08 Oct 2007, 21:31
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[font=Georgia]Bon, voilà, alors je mets ce message ici, parce qu'il n'aurait pas sa place dans "adaptations", et aurait sans doute été modéré en ce sens. Mais si cela s'avère intéresser quelqu'un, alors que le message soit re-modéré pour le meilleur. :lol:

La dernière série en date de l'univers STAR TREK est "ST : ENTERPRISE". Elle remonte aux sources de ST, avant la Fédération, avant StarFleet, mais toutefois, bien sûr, après le premier contact avec les Vulcains, narré dans le long-métrage "FIRST CONTACT" autour de l'équipe de "ST : NEXT GENERATION". Mais bon, on s'en fout, parce qu'on n'est pas sur un forum ST, précisément. MAIS, tout aussi précisément, cette série, que je suis en train de découvrir au compte-goutte (peu de temps libre) me paraît intéressante sur un point : en remontant aux origines, elles met en scène les tâtonnements de l'homme dans son élan vers les étoiles, les hésitations, les erreurs et surtout l'absence quasi-totale de règlements, de procédures, de structures décisionnelles ou hiérarchiques. Le capitaine Jonathan Archer et son équipage donnent l'impression (délibérée, j'en suis bien certain) d'avancer au petit bonheur à la chance, de planète en nébuleuse, et interviennent sans se soucier véritablement des vagues qu'ils vont provoquer (on écoute notre coeur et on verra bien). La première saison est exemplaire en la matière :-) Tiens, ils sont même encore plus inconscients et audacieux, voire impulsifs et surprenants que ce bon vieux James T. Kirk et ses compères, capables à cinq minutes d'intervalle, du meilleur comme du pire. Je le dis sur le ton de la plaisanterie, mais vous auriez tort de croire qu'il s'agit de tourner la série en ridicule. AU CONTRAIRE ! ST : Enterprise nous donne à voir, en temps réel ou presque, les balbutiements de l'exploration spatiale extra-solaire et les pionniers qui l'animent. Chocs culturels à répétition ! Et c'est très réussi et très émouvant. Au début, on se dit "mais qu'est-ce que..., pfff !", puis, assez rapidement (le quatrième ou cinquième épisode de la saison 1 sur le sanctuaire vulcain est une charnière) on réalise, la larme à l'oeil, qu'ils doivent TOUT inventer, toutes les solutions, tous les comportements, s'adapter et, malgré les erreurs, tenir et avancer. Le choix de Scott Bakula (Code Quantum) pour le rôle du capitaine est une idée de génie : avec le sourire en coin, sa désinvolture goguenargue, il semble tout prendre à la légère et on ne peut pas complètement l'en blâmer. Après tout, tant qu'il n'y a pas de mort d'homme (ou de colon), ce n'est pas grave. Les Vulcains se froissent, à la bonne heure ! Interférer dans les conflits sans en connaître les tenants et les aboutissants, libérer des prisonniers, acheter et vendre de la technologie, c'est le lot du pionnier qui avance sans savoir s'il va croiser une biche ou un ours. Un danger se présente ? On fait face et on se dote fissa des outils et des armes idoines. L'humour sert de masque à l'humanité vibrante qui sous-tend ces épisodes. La fragilité même du proto-starfleet, qui se résume à un seul vaisseau, un seul capitaine, un seul amiral, ressemble à celle des premiers aéroplanes, qualifiés de passe-temps pour riches risque-tout aux premières heures de l'aviation. Les Vulcains n'ont de cesse que de pousser l'humanité au faux-pas, pour la remettre dans sa boite terrestre pour cinquante années encore. Le moindre incident est surexploité en ce sens. Et, on réalise, presque insidieusement, que le vrai message est là : retrouver l'esprit pionnier, libre de tout cadre ou presque. Le sense-of-wonder naïf joue à plein, mais on se surprend à le préférer aux intrigues articielles des séries précédentes où le mariage de la belle-mère d'un ferengi chef de vaisseau klingon avec un héritier okampa ayant bien connu le Divagateur compromet l'alliance entre les Romuliens et les Borgs, le tout sur fond de Symposium interespèces sur le Warp et ses effets déletères sur les nanites intelligentes du quadran Bêta. Mais que fait Picard ? :twisted:
Bref, il y a du Heinlein quelquepart, des réminiscences de l'histoire du futur, de-ci de-là, chez les scénaristes, la nostalgie de ces premières fusées pilotées par des fous pleins de bon sens, et, surtout, une grande, une immense, générosité. Pas de gagne-petit ou de pisse-froid dans ST : Enterprise ! Même le chef de la sécurité, un anglais, s'assied sur les règlements dès qu'il en a l'occasion, pour voler au mépris de toute logique, au secours de son capitaine, laissant un vaisseau entier sans défense. Worf en aurait avalé son insigne. Pour les fans de l'univers ST on assiste à plein de "premières fois", comme les premiers téléporteurs, les premiers champs de force, les premiers phaseurs, etc. Et on découvre que le "stratch" est d'origine extraterrestre.
Peu de Heinlein, hein ? En apparence, oui. D'où l'auto-placement de ce post en "Washing-HS". Mais, en substance, en revanche, on y est en plein. Coloniser l'espace, repousser les frontières de l'inconnu, ne se fait pas à coups de "Codes", mais au culot : "on n'a pas d'histoire, on vient du fin fond de la brousse galactique, d'un minable petit soleil jaune, mais maintenant qu'on est venu voir jusqu'ici ce qui se passait, on ne va pas s'en aller sans intervenir, ou, à tout le moins, donner notre avis".
Américain ? Anglais ? Français ? Humain ? Heinleinien ?
Make your choice ! :?: [/font]


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 Post subject: Re: STAR TREK : ENTREPRISE (une histoire de pionniers)
PostPosted: 27 Oct 2007, 17:27 
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Citoyen de la Galaxie
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Joined: 30 Sep 2007, 16:57
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ub wrote:
le mariage de la belle-mère d'un ferengi chef de vaisseau klingon avec un héritier
okampa ayant bien connu le Divagateur compromet l'alliance entre les Romuliens
et les Borgs, le tout sur fond de Symposium interespèces sur le Warp et ses effets
déletères sur les nanites intelligentes du quadran Bêta.

Je me disais bien que c'était trop compliqué pour moi, Star Trek ! :?
(et je ne parle même pas de leur géographie provençale...)

Quote:
Bref, il y a du Heinlein quelquepart

Il me semble t'avoir entendu dire qu'il y avait déjà du Space Cadet
(ou du Tom Corbett ?) dans la série originale...

Quote:
Même le chef de la sécurité, un anglais, s'assied sur les règlements dès
qu'il en a l'occasion, pour voler au mépris de toute logique, au secours
de son capitaine, laissant un vaisseau entier sans défense. Worf en aurait
avalé son insigne.

Le Lieutenant (j.g.) Heinlein, ret., aussi, probablement.
(uh... c'est qui, Worf ?)

Quote:
on vient du fin fond de la brousse galactique, d'un minable petit soleil jaune,

M'enfin ! Parle pour toi !
Le tien, je ne sais pas ; mais essaie de regarder mon "minable petit soleil jaune"
dans les yeux une minute, pour voir (ou plus...) ! :evil:


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 Post subject: Re: STAR TREK : ENTREPRISE (une histoire de pionniers)
PostPosted: 27 Oct 2007, 17:29 
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Citoyen de la Galaxie
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Joined: 30 Sep 2007, 19:44
Posts: 170
Location: Avignon
ub wrote:
Bon, voilà, alors je mets ce message ici, parce qu'il n'aurait pas sa place dans "adaptations", et aurait sans doute été modéré en ce sens. Mais si cela s'avère intéresser quelqu'un, alors que le message soit re-modéré pour le meilleur. :lol:
Message qui inaugure un nouveau forum, sur les influences directes et indirectes de RAH - donc Très bonne idée !

ub wrote:
La dernière série en date de l'univers STAR TREK est "ST : ENTERPRISE".

Pas vu - elle n'a pas très bonne réputation, pour la qualité de son jeu et de ses histoires.
ub wrote:
Mais bon, on s'en fout, parce qu'on n'est pas sur un forum ST, précisément.

Mais je suis fan de la série initiale (ST:TOS) donc vous l'avez échappé belle !

ub wrote:
Le capitaine Jonathan Archer et son équipage donnent l'impression (délibérée, j'en suis bien certain) d'avancer au petit bonheur à la chance

Si c'est délibéré, très bien !
ub wrote:
Pas de gagne-petit ou de pisse-froid dans ST : Enterprise ! Même le chef de la sécurité, un anglais, s'assied sur les règlements dès qu'il en a l'occasion, pour voler au mépris de toute logique, au secours de son capitaine, laissant un vaisseau entier sans défense.

Kirk et les autres étainent coutumiers du fait :wink: Mais eux avaient aussi à faire avec un Starfleet qui flirtait déjà avec la bureaucratie.
ub wrote:
Pour les fans de l'univers ST on assiste à plein de "premières fois", comme les premiers téléporteurs, les premiers champs de force, les premiers phaseurs, etc. Et on découvre que le "stratch" est d'origine extraterrestre.

Et c'est réussi ? C'est la prinicipale crainte, à écouter les critiques : que les intentions soient bonnes, l'idée initiale prometteuse,
mais la mise en place laborieuse et pas à la hauteur. Je n'avais pas vraiment aimé "First contact" non plus.
ub wrote:
Peu de Heinlein, hein ? En apparence, oui. D'où l'auto-placement de ce post en "Washing-HS". Mais, en substance, en revanche, on y est en plein. Coloniser l'espace, repousser les frontières de l'inconnu, ne se fait pas à coups de "Codes", mais au culot : "on n'a pas d'histoire, on vient du fin fond de la brousse galactique, d'un minable petit soleil jaune, mais maintenant qu'on est venu voir jusqu'ici ce qui se passait, on ne va pas s'en aller sans intervenir, ou, à tout le moins, donner notre avis".
Américain ? Anglais ? Français ? Humain ? Heinleinien ?
Make your choice ! :?:

L'idée est que cela est très humain (donc heinleinien) 8)
C'est le moteur des juveniles, et le procès où plaide Kip dans le Vagabond de l'espace est très proche de ceux auxquels Kirk a été plusieurs fois confonté... Les valeurs que véhicule Star Trek, la Fédération, Star Fleet se retrouvent en effet aussi dans les romans de Heinlein.

Roddenberry était un fan de SF, y compris de RAH, et celui-ci, qui ne connaissait pas vraiment au départ, avait apprécié la première série (voir l'épisode des Tribules) - jusqu'à suggérer qu'il avait pris Uhura ou plutôt Nichelle Nichols comme modèle pour sa présidente (noire) dans les années 80.

Les liens entre ST et RAH ont continué avec le slogan des âges nerdhippies fin 60-années 70 :
Image
:twisted:


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 Post subject: Heinlein in Star Trek : Enterprise (suite)
PostPosted: 05 Nov 2007, 16:36 
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Joined: 08 Oct 2007, 21:31
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Salut,

Toujours en quête des influences heinleiniennes de la série ST : Enterprise, en voici une autre, peut-être moins générale que la première (l'esprit pionnier) et donc plus aisément répérable. Elle est liée à l'épisode 5 de la saison 2, intitulé "Mon ami Porthos" (il s'agit du chien du capitaine Archer, malade après une excursion sur une planète visitée par l'Enterprise). Le docteur Dénobulien du vaisseau d'Archer dialogue avec le Capitaine au sujet des structures familiales et des habitudes sexuelles de son espèce. Et, roulement de tambour, les Dénobuliens s'avèrent organisés en "familles élargies" (terme explicite dans la VF). Le docteur avoue que sa famille élargie lui manque, à savoir trois femmes, deux autres maris (qui lui manquent aussi) et trente-un enfants dont sept sont de lui. Il explique que chacune de ses femmes a également deux autres maris en plus de lui-même, ce qui fait un nombre élevé de relations potentielles. Cela fait évidemment penser à la thématique heinleinienne de la famille élargie et, notamment, à l'une de ses caractérisations les plus intéressantes, dans "Vendredi". Hommage direct ou référence inconsciente de la part des scénaristes ? Difficile d'en être certain, mais il m'a semblé que cela suffisait à envoyer un petit message au 17, rue Dante. :-) Au fait, si jamais cela devenait recurrent (je veux dire, trouver des influences heinleiniennes averées dans ST : Enterprise), je pense qu'on pourrait créer un topic spécifique, non ?

PS : merci à Anouk et Caliban pour leurs réponses et commentaires respectifs. Je me permets d'ajouter deux mots à leur intention. Pour Anouk, d'abord : je te sais fan inconditionnelle de la série originale, mais il ne faut pas juger trop durement les suivantes. Je suis bien certain que l'amateurisme et l'empirisme qui paraît présider à toutes les décisions de l'équipage de ST : E sont bel et bien délibérés. Encore une fois, je trouve cette série bien plus vivante et amusante que la précédente, très (ou trop) structurée. A Caliban, je rappelle que Worf est le klingon chargé de la sécurité sur l'Enterprise dans la série ST : Next Generation (mais, bon, là encore, hein, on n'est pas entre "pros" de la question), et que le petit soleil jaunâtre et minable était un clin d'oeil à Douglas Adams (première phrase du Guide Galactique). Enfin, bien sûr, il ne faudrait pas oulbier qu'avant ST, bien avant, il y a eu Space Cadet, j'en reparlerai sans doute quelquepart (puisque j'ai eu l'immense privilège d'en voir des épisodes).


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 Post subject: Re: Heinlein in Star Trek : Enterprise (suite)
PostPosted: 05 Nov 2007, 19:19 
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Citoyen de la Galaxie
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Joined: 30 Sep 2007, 16:57
Posts: 482
ub wrote:
les Dénobuliens s'avèrent organisés en "familles élargies" (terme explicite
dans la VF). Cela fait évidemment penser à la thématique heinleinienne de
la famille élargie et, notamment, à l'une de ses caractérisations les plus
intéressantes, dans "Vendredi". Hommage direct ou référence inconsciente
de la part des scénaristes ?

Difficile à dire sans savoir rien de l'épisode (ni de la série) mais, tel que tu
le présentes, j'ai du mal à y voir un hommage : l'idée semble si naturelle
(la combinatoire matrimoniale élémentaire n'offre pas tant de solutions
différentes !) qu'une référence consciente aurait sans doute été plus explicite.

Plus précisément, il me semble qu'il faut distinguer deux choses :
la "famille élargie" en tant qu'organisation sociale, et le groupe
matrimonial en tant que structure légale.

Si Heinlein a lui-même pratiqué un « mariage ouvert » (avec Leslyn, au moins)
dès les années 30 — qui n'avaient probablement rien inventé dans le domaine —
il n'en a guère parlé dans ses fictions avant En terre étrangère et les années
60, après l'abolition des lois Comstock. Or c'est juste avant que la pratique
des communautés (hippies, par exemple) ne se généralise : si elle choquait
encore les bien-pensant, elle était déjà dans l'air du temps...

Je suppose que les variations de The Moon Is a Harsh Mistress, Time
Enough for Love
ou Vendredi sur les mariages de groupe légaux sont
plus originales. Mais je n'en sais trop rien, en fait. Tu es bien plus compétent
que moi : des modèles préexistent-ils dans l'histoire du droit ?


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