Louis Graigh wrote:
J'aime bien l'uchronie, mais enfin, imaginer ce que Heinlein
aurait dit en entendant le discours de ce pignouf...
Dès lors qu'il s'agissait des premiers pas politiques vers la conquête de l'espace,
il me semble que sa réponse était assez systématique et prévisible...
(pour faire simple : 1/ Oh oui ! Oh oui ! Oh oui ! 2/ C'est où qu'on signe ?).
La personnalité de l'orateur ou son bord politique importait peu : il a applaudi
tout aussi fort le démocrate Kennedy que le républicain Reagan, et s'est mis
à la disposition de ce dernier sans plus d'états d'âme qu'à celle de Truman
après la guerre. Lorsque le Sénat lui a demandé un témoignage officiel
sur « l'importance de l'espace pour les personnes âgées ou handicapées »
— pas exactement son approche favorite — il ne s'est pas non plus demandé
de quelle couleur était la majorité : il s'est retroussé les manches, et a fait
ce qu'il pouvait...
Pour revenir à Sarkozy, il me semble qu'il l'aurait caractérisé d'entrée comme
un pur produit de la « Machine » politique, au sens américain, donc quelqu'un
auquel il aurait été
a priori peu favorable (il fait des portraits ravageurs de
cette espèce dans
How To Be a Politician,
Double étoile ou « A Bathroom of Her
Own »), quelqu'un
contre lequel il aurait probablement voté par défaut, mais
sans argument assez fort pour ne pas pouvoir lui laisser - uh, "acheter" son vote
par quelques engagements dans les domaines qui lui tenaient à cœur, comme
la dissuasion nucléaire ou, il me semble, l'espace....
Je ne suis pas sûr que le côté "pignouf" ait été un problème majeur : vois le
secrétaire général Douglas de
En terre étrangère, qui cède aux caprices
médiatico-astrologiques de son épouse mais sait prendre ses responsabilités
lorsque l'enjeu l'impose (ce qui reste à prouver dans le cas de Sarko, mais
c'est une autre question).
Ses vraies allergies politiques avaient des motifs plus profonds. En particulier,
il pardonnait difficilement à des hommes politiques d'avoir envoyé des militaires
à la mort par simple convenance politico-médiatique : il détestait Eisenhower
et Nixon (républicains), et traitait purement et simplement Johnson (démocrate,
disons) « d'assassin »...
Quote:
A mon sens, il vaut mieux avoir des ennemis intelligents de la conquête spatiale,
que des amis bêtes...
Lazarus Long wrote:
Il vaut peut-être mieux être un chacal vivant qu'un lion mort,
mais c'est encore mieux d'être un lion vivant. Et généralement plus facile.