Les
Cliffs Notes, “
the fastest way to learn”, sont, depuis 1958, l'une des collections
de guides de lecture (ou d'antisèches ?) les plus connues des étudiants américains.
Principalement littéraires, elles offrenty également des titres sur des questions
scientifiques, etc.
Le volume consacré à Heinlein est paru en 1975, sous la plume de Baird Searles.
En une cinquantaine de pages, après un bref survol de la vie de Heinlein
et de l'histoire de la SF au début du XX[sup]e[/sup] siècle, il présente rapidement
l'essentiel de ses œuvres, jusqu'à
Time Enough for Love. La discussion la plus
intéressante, contrastant en cela avec les flingages primaires de la soi-disant
“New
Wave”, concerne « Les Romans des années 70 ».
Quote:
A première vue, il semble assez improbable de discuter ensemble les deux romans
les plus récents de Heinlein ; superficiellement, ils sont très dissembables. (...)
Le problème unique du Ravin des ténèbres contre les multiples facettes
de Time Enough for Love. Mais leurs points communs compensent largement
les différences de forme, et tout particulièrement par contraste avec le reste de
l'œuvre de Heinlein. Le point commun le plus remarquable entre les deux est
le poids des dialogues. Au contraire de la plupart des auteurs de science-fiction,
Heinlein a toujours eu une grande facilité pour les dialogues, et les a exploités
extensivement, mais en les compensant invariablement par de l'action.
Ici, les dialogues représentent environ quatre-vingt dix pour cent des deux
textes. Le cœur du Ravin des ténèbres sont les conversations intérieures
entre Joan et Eunice. La plus garnde longueur de Time Enough for Love. permet
d'y intégrer plus d'action, mais elle est presqu'entièrement limitée aux souvenirs
de Lazarus jusqu'au retour dans le passé.
Cette insistance sur les dialogues semble servir un double objectif : comme véhicule
didactique pour l'expression d'une philosophie (une tendance de plus en plus apparente
depuis En terre étrangère), et comme preuve d'un plus grand intérêt pour les relations
humaines, en particulier celles concernant les questions sexuelles.
L'intérêt principal de la dernière partie, sur « Les superstructures heinleiniennes »,
réside aussi sans doute dans le contraste avec l'analyse de la
New Wave :
alors même que celle de ces
Notes reste très classique, ses préoccupations
dessinent, en creux, celles de l'époque — à commencer bien sûr par la sexualité.
