Sur le
Nitroforum, Bill Patterson, un rien désabusé, fait le point sur le projet :
Bill Patterson wrote:
[ le manuscrit initial faisait]plus de 700 000 mots — et encore, j'avais dû me
dispenser presque complètement de commentaires littéraires pour le contenir
dans ces limites. Mais comme une biographie de quatre millions de signes est
simplement impubliable dans le climat actuel, je l'avais réduit à environ 400 000
mots avant de le soumettre.
Il compte encore six mois de travail sur les corrections de l'éditeur, David
Hartwell, ce qui pourrait correspondre à une parution au printemps 2009.
Il commente aussi :
Quote:
La version éditée manquera d'une bonne partie de l'électricité que j'avais
été capable de générer. Hartwell a en particulier l'idée bizarre que tout ce
qui relève de l'intériorité — la moindre mention d'une émotion ou d'une pensée
de Heinlein — doit dériver d'une citation, ou être coupé. (alors que c'est
une convention courante des biographies que, par exemple, si quelqu'un
a effectivement fait quelque chose, la mention de sa décision de le faire
ne mérite pas d'être relevé, toutes choses égales par ailleurs.
La question n'est pas inintéressante... Certaines personnes sont en effet
proprement éjectées d'un texte de non-fiction par une licence de ce genre
(le jeune Asimov, par exemple, comme il le raconte dans ses mémoires).
Mais s'en tenir aux faits nus peut rapidement devenir bien sec, surtout
lorsqu'on manque d'éléments.
C'est néanmoins, pour l'essentiel, le choix de
Solutions non satisfaisantes
— mais il n'est rendu possible que par celui de changer d'angle et de thème
à chaque chapitre, et donc de recentrer le champ sur les éléments dont
on dispose. Ce serait beaucoup plus difficile avec une pure biographie
chronologique (un seul sujet, un seul angle).
Je suis donc tenté de donner raison à Bill sur le principe : un
minimum
de licence poétique, si elle est clairement identifiée (ou aussi limpide que
dans son exemple) me semble légitime, si elle est nécessaire à la qualité
littéraire de l'ouvrage...
Mais l'art est difficile. Au-delà du boulot de recherche, très impressionnant
dans son cas, il y a peu de biographes que j'admire vraiment. Sur l'instant,
je ne pense guère qu'à André Maurois, et en particulier à son
Fleming.
Plus récemment, j'avais aussi apprécié
Revolutions in the Earth (James
Hutton and the True Age of the World) par Stephen Baxter, qui évite
l'écueil avec un point de vue très large, sans jamais relâcher la tension
du récit. Mais s'il faut des auteurs de SF de ce calibre pour réussir une
biographie, il ne faut pas en espérer beaucoup (
a priori, le roman paye
plutôt mieux...) !