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Salut,
J'ai suivi hier sur CNN le débat démocrate entre B. Obama et H. Clinton, en direct. Fort intéressant, il y a eu, évidemment, un long passage sur la guerre en Irak. Obama a rappelé, et c'est l'un des points forts de sa candidature, qu'il a toujours été clairement contre toute intervention en Irak. Mais, lorsqu'on lui a demandé ce qu'il ferait à l'avenir pour les soldats américains engagés sur d'autres théâtres d'opération, il a expliqué, en substance (je ne le cite que de mémoire) que l'essentiel était de préparer correctement les troupes pour le terrain sur lequel elles allaient devoir intervenir et que l'armée américaine ne devait plus jamais envoyer de soldats qui n'aient été "properly prepared", entendons, "très précisément formés", sous-entendu, notamment à la guérilla urbaine.
On peut, je crois, voir ici un clin d'oeil aux thématiques de "Starship Troopers" de Robert Heinlein, au sens où, justement, et c'est aussi ce qui a parfois causé une mauvaise interprétation de cette oeuvre et valu à son auteur, une accusation infondée de militariste primaire, on trouve une idée très semblable : s'il faut vraiment envoyer des troupes (i.e. si on s'est engagé à le faire), elles doivent être bien préparées par leurs (sergents) instructeurs. Ce qui, a posteriori, légitime la dureté, qui confine parfois à l'inhumanité, des préparations militaires qu'elles doivent subir et dont celle de ST constitue un exemple fictif, très marquant. Une part essentielle du roman est en effet consacrée à la formation de Juan Rico et sa lente transformation de jeune homme sensible et idéaliste en quasi-machine à tuer et à survivre.
De façon plus large, il me semble qu'il y a là, dans le discours d'Obama et de Heinlein, la même tonalité : tous deux préfèrent très clairement NE PAS faire la guerre, NE PAS envoyer les "boys", mais s'il le faut, alors ils doivent être prêts, pour ne pas "subir" le terrain et tomber comme des mouches. C'est la responsabilité du pouvoir qui les envoie, dit Obama. Heinlein, lui, rappelle que c'est l'instructeur qui porte sur ses épaules la responsabilité, non seulement des morts intervenues durant l'instruction (par exemple, dans le cas d'exercice à balles réelles), mais aussi des morts sur le front, si, précisément, il n'a pas correctement fait son travail. D'où la dédicace, si controversée, du roman.
Voilà, et bien sûr, je reste à l'affut (et pour cause, car elle me passionne) d'autres résonances des thématiques heinleiniennes de la campagne présidentielle aux USA. Et je préviens : totalement débordé en ce moment, alors, comme d'habitude, je risque d'être un lanceur de thème plus qu'un contradicteur assidu. Mille excuses d'avance.
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