Psill wrote:
Heinlein avait écrit des histoires de voyages dans le temps bien avant
Time Enough for Love !
Assurément.
Une porte sur l'été (1956) est l'archétype même de ce genre
d'histoire, et je ne suis pas loin de considérer « Vous les zombies » (1939)
comme l'exercice de style ultime sur les boucles temporelles. Les deux sont
des variations, plus ou moins sophistiquées, sur un thème classique de la SF.
Les justifications scientifiques sont absentes, ou au mieux anecdotiques, même
si l'introduction du principe d'action-réaction dans le roman est assez marrante
(mais je ne suis pas absolument sûr qu'elle soit vraiment originale...)
L'Âge des étoiles est en revanche essentiellement basé sur une idée physique,
une mise en musique de la théorie de la relativité restreinte et, surtout, de
son dépassement,
via le paradoxe des jumeaux de Langevin. Sans bien sûr
vraiment préciser ce qui la remplacerait, il va jusqu'à mentionner des vaisseaux
"impertinents" (
irrelevant), dont le principe est explicitement basé sur les
expériences de télépathie entre la Terre et le Lewis & Clarke.
C'est de la très bonne SF, et à mon sens de la très bonne pédagogie, sur la
méthode scientifique et l'importance de ne jamais tenir une théorie pour
indépassable, sur les risques du dogmantisme.
Sauf que... Heinlein n'a pas vraiment compris toutes les subtilités de la
relativité restreinte, et Benford lui met le nez dedans. Et Heinlein en tire
toutes les conséquences en assumant son erreur et en élargissant
considérablement son univers pour l'annuler, de façon certes très spéculative
(et passablement improbable) mais à peu près inattaquable, sans renier
l'esprit du
juvenile. C'est ce dialogue entre science et fiction que je trouve
fascinant — et dont je ne connais pas tant d'exemples !