Bel aveu de l'écrivain et essayiste de la "nouvelle vague" des années soixante,
Thomas Disch (1940—) dans le
Los Angeles Times du 9 décembre 2007 :
Thomas Disch wrote:
Heinlein était l'ennemi
Disch, qui s'est clairement fait les dents sur Heinlein, admet aujourd'hui :
Thomas Disch wrote:
Sa grande malchance réside dans le type de personnes qui l'apprécient :
ce sont souvent des crétins de droite aigris et réactionnaires [old-fashioned,
cantankerous, right-wing chest-beaters]. Heinlein était un meilleur auteur
que cela pourrait suggérer. Il avait un don pour les concepts étonnants.
Il faut sans doute faire la part de la polémique et des raccourcis de l'article,
qui ne lui consacre que quelques lignes. Drôle d'idée, quand même, chez
un théoricien de la SF de ce niveau, que de juger un auteur à ses lecteurs...
Je me demande néanmoins s'il a en tête le lectorat actuel de Heinlein
(aux États-Unis de ce début de XXI[sup]e[/sup] siècle) ou celui du début des années
soixante. Ce qui amène la question suivante : en admettant même qu'il
y ait une lecture "de droite" de
Starship Troopers (1959), est-elle
significativement modifiée par celle de
Révolte sur la Lune (1966) ?
Ou, en d'autres termes, la frange libertarienne du lectorat de Heinlein
existait-elle déjà au début des années 60, et celle de droite plus
traditionnellement conservatrice (si tant est que le conservatisme soit
compatible avec l'esprit SF...) subsiste-t-elle aujourd'hui ?