Anouk wrote:
Le statut des "hauts fonctionnaires" est une autre histoire... cf. M. Kiku !
Une autre histoire, et assez curieuse... Ceux qui veulent voir en Heinlein
un libertarien prennent volontiers exemple des démêlés de ses personnages
avec les fonctionnaires — le gentil entrepreneur contre le vilain huissier,
typiquement.
Mais on voit mal comment de telles rencontres pourraient mieux se passer :
pour que l'histoire soit un peu intéressante, les agissement du héros
sont à la fois aux marges de la loi et assez discrets dans leur préparation ;
il ne peut donc guère avoir affaire qu'à des fonctionnaire de bas niveau,
sans pouvoir réel d'appréciation, et dont le réflexe face à leurs provocation
est immanquablement du genre "wait & see".
Lorsqu'on a affaire à d'authentiques dirigeants, le jeu s'inverse :
ceux qui sont issus de l'entreprise, comme le Directeur de la Règle d'or,
dans
Le Chat passe-murraille, (ab)usent sans complexe de leurs pouvoirs
pour en tirer le plus grand profit possible, alors que les fonctionnaires
sont invariablement dévoués, compétents et courageux. C'est vrai
du M. Kiku de
L'Enfant tombé des étoiles, en effet — auquel le directeur
de la NASA s'identifiait récemment en faisant remarquer qu'il n'est pas
donné à n'importe quel auteur de donner des proportions héroïques
aux activités un fonctionnaire d'administration centrale.
I y en a d'autres : Monroe Alpha, dans
L'Enfant de la science ;
Slayton Ford, dans
Les Enfants de Mathusalem ; Ira Weatheral,
dans
Time Enough for Love ; et peu de contre-exemples : Arabelle,
le successeur arriviste d'Ira est rapidement éliminée du fait de sa propre
incompétence... (même si Ford est un "politique" plus qu'un fonctionnaire,
comme Bonforte ; le statut d'Ira est un peu moins clair).