Louis Graigh wrote:
Lovecraft votait Roosevelt et avait l'impression que le New Deal était mieux que rien,
Certes. Empêcher les gens de crever de faim, ce n'est pas très constructif,
mais c'est un bon début !
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une esquisse d'étape vers ce qu'il appelait le socialisme, à savoir, pour lui (d'après
ce que j'en comprends), un système où l'état possèderait le gros des moyens de
production
Ce qui n'est pas l'idée de Sinclair, qui prône plutôt des coopératives autogérées...
Quote:
et où tout cela serait dirigé par une sorte de "méritocratie" formée de gens
compétants, eux-mêmes choisis par les citoyens dignes du droit de vote
Encore moins, donc. Pour Sinclair, c'est le travail qui compte.
Quote:
Sur la période des années 30 aux USA, c'est vrai que ça a l'air agité, à sa manière...
Il y a un roman de politique-fiction étonnant, "Impossible ici" ("It can't happen here",
1935) de Sinclair Lewis, qui décrit des USA basculant (momentanément) dans le fascisme.
Je me demande si HPL et Heinlein ont lu ce texte (c'est presque sûr dans les deux cas,
mais il faudrait des références).
Je ne me souviens pas que Heinlein fasse jamais référence à ce roman particulier.
Mais je suis aussi presque sûr qu'il l'a lu : c'est une période où la question le passionne
et il n'a jamais caché son admiration pour Sinclair Lewis, utilise volontiers
Arrowsmith comme exemple en discutant les définitions possibles de la SF (
science ou
speculative fiction...), et admet que le fameux tableau chronologique de l'
Histoire du futur est inspiré
d'un procédé de Lewis, pourl'univers de
Babbit.
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En me replongeant là-dedans, surtout en lisant les passages les plus ignobles
("Jew York", au lieu de "New York", ce genre de sympathiques plaisanteries), je me
suis reposé la question de la légitimité qu'il y a à publier de la correspondance privée.
La loi française me semble est assez bien faite à ce propos : c'est longtemps
(75 ans après la mort de l'écrivain ?) laissé à l'appréciation des ayant droit,
qui sont encore les mieux placés pour apprécier le préjudice éventuel causé
à leur nom.
Quelques décennies plus tard, ça relève de l'histoire... En l'occurrence, en 2012,
il me semble qu'il n'y aura plus que quelques pervers dans notre genre pour
aller lire la correspondance de H.P.L. — et que ceux-là n'ont déjà plus grand
chose à craindre des mauvaises influences littéraires... Si en plus le travail
de publication est préparé sérieusement et sereinement, à la manière
académique, disons, ça semble plutôt utile.
La logique américaine, où tous les droits (y compris moraux, pour ce que
j'en comprends) peuvent être vendus me semble nettement plus discutable.
Jeter aux chiens l'honneur d'un homme, comme disait l'autre, pour le seul
bénéfice d'un scoop éditorial, ça me pose aussi problème.
Paradoxalement, c'est l'un des cas où je suis assez partisan d'un prix du livre
élevé (là encore, ce qui se pratique souvent dans le monde académique) :
seuls ceux qui ont une bonne raison d'investir (ou de prendre le temps
de trouver l'une des rares bibliothèques qui l'auront fait) iront y voir, ce
qui introduit un premier filtrage sérieux de ceux qui ne rechercheraient
que la polémique...