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J'avais entendu avec plaisir, à plusieurs reprises, le canadien Robert Charles Wilson
(Spin, Darwinia) parler de sa démarche en science-fiction, et repéré ses références
heinleiniennes récurrentes (offrir de l'eau au Martien de Spin, « The Stone Pillow »
dans « Divisé par l'infini » (Bifrost 45), etc.)
J'ai fini, un peu tard, par lire Spin, l'un des grand succès de l'année apparemment.
En français, pour une fois (allez savoir !). Première réaction : chapeau au traducteur,
Gilles Goullet. Ca coule bien, peu ou pas de coquilles, etc.
Sinon... je reste un peu sur ma faim. Le bouquin comporte indéniablement de vraies
belles idées SF, poussées au bout de leur logique, dans un univers complexe et assez
cohérent. Bravo. N'empêche : tout ça reste un peu froid, intellectuel. Pas si heinleinien
au final.
Pourquoi ? Difficile à dire. Je me demande si un élément ne serait pas la distance
que les personnage maintiennent avec leurs engagements, professionnels en
particulier : Ty et Carol sont toubibs, mais à peine, sauf quand ça fait avancer
l'histoire ; Diane intègre une quasi-secte, mais l'esprit ailleurs ; Jason est
un pur archétype de chevalier d'industrie ; et les autres sont simplement
transparents, pour la plupart. Chez Heinlein, en revanche, ce qui mérite d'être
fait, mérite d'être bien fait.
Même la scène où j'ai failli me croire dans un juvenile de RAH, celle où le jeune
Jason démonte une tondeuse à gazon, s'avère très artificielle : elle ne sert en fin
de compte qu'à caractériser, non pas le futur bricoleur/inventeur dans son rapport
à un objet technique, mais la psychologie des autres gamins, qui lui apportent
l'un un sandwich, l'autre... une connexion au web. Grmph.
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