Je viens de recevoir le dernier opus de Thomas Day,
This Is Not America,
aux éditions
actuSF. Auteur de quelques-uns des meilleurs
textes de ces dernières années (« La Notion de génocide nécessaire » !),
Day n'est pourtant pas de ceux que j'associe très naturellement à la tradition
heinleinienne de la SF : il aime les univers violents, organiques, suintants
de sperme et de sang, souvent aux marges du fantastique ou du manga...
La première nouvelle du recueil, « Cette année-là, l'hiver commença
le 22 novembre », accuse pourtant une forte parentée avec un texte
de Heinlein, certes passablement atypique,
The Puppet Masters (1951).
Le thème et l'ambiance y sont évidemment pour beaucoup : des
créatures extraterrestres, les Ilïï, ont pris le contrôle d'hôtes humains,
y compris d'agents secrets opérant dans l'ambiance de paranoïa
anticommuniste de l'Amérique des années 50 (ou, ici, du début
des années 60).
Curieusement, là où le roman de Heinlein, auteur plutôt serein,
se termine sur un cri de haine lancé aux étoiles, la nouvelle de Day
s'éteint dans une sorte de paix, baignée de leur chant...
Thomas Day la présente comme « un hommage à la SF d’Howard
Waldrop » — à un Waldrop pastichant Heinlein, peut-être,
comme le facétieux uchroniste savait parfois le faire ?
A lire, en tout cas !
