Caliban wrote:
L'unique série télévisée que j'aie vue intégralement ces dernières
années,
The West Wing, était une excellente introduction aux subtilités
du
lowering the expectation (...) La série avait même
son brillant candidat sinon Noir, du moins Latino...
... dont on a appris des scénaristes de la série même, dans les dernières semaines
de la campagne, qu'il était explicitement inspiré de Barack Obama. Bien vu,
si c'est vrai : une fois encore, les (bons) auteurs de fiction démontrent que,
si les éléments qui retiennent leur attention ne sont pas forcément les mêmes
que ceux des acteurs de la "vraie vie", ils ne sont pas forcément moins pertinents.
Ou que la politique américaine tient de plus en plus du
storytelling", les
qualités en question devenant prééminentes ?
Plus étrange :
Libération d'hier (vendredi 21 novembre) tirait le portrait du
futur secrétaire général de la Maison blanche, Rahm Emanuel. On s'y croirait :
son tempérament et ses compétences resssembleraient beaucoup à celui
de Josh, qui hérite aussi du poste dans la série — mais qui en était l'un des
piliers depuis le début, bien avant l'introduction du candidat chicano. Simple
hasard ? Exemple supplémentaire de réalité imitant la fiction ? Ou journaliste
fan de la série, exploitant le filon à peu de frais ?
Moins rigolo : dans la série, qui n'esquivait pas la question des influences
religieuses sur la politique américaine, ni les liaisons particulières entre
les USA et Israël, Josh était un juif libéral, les commentaires anti-arabes
émanant d'un autre membre du staff, Toby.
Libé nous apprend qu'Emanuel
("Dieu parmi nous", en hébreu, si je ne m'abuse) est le fils d'un ancien
terroriste sioniste, cofondateur de l'Irgoun, qui aurait profité de l'annonce
pour balancer dans
Ma'ariv un commentaire raciste sur le thème
« Evidemment, il va influencer le Président pour qu'il soit pro-Israël.
Pourquoi ne le ferait-il pas ? Qu'est-ce qu'il est ? Un arabe qui va nettoyer
le carrelage à la Maison Blanche ? ».
Brrrr...
Rahm Emanuel, que je ne connais pas mais pour lequel j'aurais plutôit
un préjugé favorable du seul fait qu'il a été nommé à ce poste par
Obama, s'est apparemment
excusé des propos de son père.
Quand même, à ce niveau et pour un premier contact avec la nouvelle
équipe, ça fait désordre !