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Jolie conférence cet après-midi, à Nice, de Jean-Marc Lévy-Leblond,
grand pourvoyeur de néologismes devant l'éternel.
Après avoir proposé de remplacer l'affreux « non-localité » (quantique)
par une « pantopie » de meilleur aloi, il s'est lancé dans une brillante
improvisation sur la nécessaire protection de la « noodiversité »
(non, ce n'est pas piraté chez Yann Minh !), c'est-à-dire, pour lui,
de la coexistence de points de vue théoriques différents sur la même
classe de phénomènes, même lorsqu'ils sont formellement équivalents
et qu'un consensus très large en privilégie déjà un.
Comme la biodiversité, ça ne sert à rien tant que tout va bien, mais c'est
une assurance contre les mauvais jours, lorsque les théories à la mode
se révèleront obsolètes (inévitablement, tôt ou tard) : une approche
a priori sans avantage majeur aujourd'hui peut s'avérer bien plus
efficace qu'une autre dans un nouveau contexte.
JML[sup]2[/sup] pensait évidemment aux théories physiques, avec l'exemple
de la mécanique — celle de Newton et la mécanique rationnelle de
Lagrange et consorts étaient formellement équivalentes au XIX[sup]e[/sup],
mais seule la seconde a pu encaisser la révolution quantique.
Heinlein ne dit pas autre chose, lorsqu'il tente de généraliser au monde
des idées les théories darwiniennes de l'évolution et de la sélection
naturelle : la diversité en est évidemment la clef, et toute son œuvre,
qui reprend inlassablemement les mêmes thématiques de nouveaux
points de vue pourrait peut-être être décrite comme une vaste entreprise
de « noodiversification ».
Mais ne serait-ce pas, plus généralement encore, l'essence même
de la science-fiction ?
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