Je découvre le terme de
minarchisme, apparemment forgé par l'anarcho-
-libertarien Samuel Edward Konkin vers 1970 sur
minimum et
arkhè — le passage
à la limite du
small government cher à la droite républicaine US.
Barbarisme à part (mais Heinlein n'était pas aussi bégueule que moi), il semble
assez représentatif de l'idée que beaucoup de lecteurs, américains en particulier,
se font des préférences politiques de Heinlein, ou du moins de ses personnages
les plus forts, comme Lazarus Long. Moins connoté à droite que "libertarien",
devenu très polémique en France, c'est sans doute en effet un outil intéressant
pour analyser leur rapport à l'Etat.
« Minarchistes », donc, Heinlein, ou Lazarus ? Rien ne me semble moins sûr.
Les deux reconnaissent que des pans entiers de l'activité humaine peuvent
être convenablement gérés par un Etat — même si, à titre personnel, les deux
s'arrangent aussi pour s'affranchir autant que possible de sa tutelle chaque
fois que c'est possible. Si l'anarchie est confortable pour un dur à cuire
comme Lazarus, et pour ses protégés (mais ceux-là ne vivent-ils pas sous
sa quasi-monarchie ?), les plus faibles y finissent presque systématiquement
sous la coupe d'un
bully ou d'un autre...
Mais là où je tique sérieusement, c'est lorsque les « minarchistes »
se mettent à rêver tout haut de communautés isolées d'individualistes
au gros QI (« attesté » !), comme cette sympathique
Initiative Orion...
Pourquoi donc ces gens m'évoquent-ils plus l'Ordre Nouveau de
Beyond
This Horizon que la gentille anarchie de Boondock ?