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Au détour des archives de Robert Heinlein, on découvre sa correspondance
avec Mary Collin (CORR 332b-05), courant de 1962 à 1975.
C'est une relation assez singulière. Robert a rencontré Mary en 1929,
dans un train, quelques jours seulement après sa sortie d'Annapolis.
Ils se plaisent, passent la nuit ensemble. Mais elle est fiancée,
et l'aventure se termine aussi rapidement qu'elle avait commencée.
Très rapidement, Heinlein épouse de son côté Elinor Leah Curry,
pour en divorcer dans l'année. Puis c'est le remariage avec Leslyn,
ouvert et heureux jusqu'à la guerre.
On a longtemps pensé que son troisième mariage, avec Virginia, était
d'une autre nature, beaucoup plus traditionnelle. Cette correspondance
semble établir que, si c'était bien le cas dans les premières années,
Virginia s'est aussi convertie avec le temps à une interprétation
plus libérale de la fidélité conjugale.
Quoi qu'il en soit, on retrouve Robert, à 55 ans (.. et jusqu'à 68 !),
badinant avec Mary, maman divorcée d'une jeune femme adulte,
et la consolant de ses coups de blues en la draguant gentiment
à distance. De souvenirs de jeunesse en fantasmes explicites,
les échanges en viennent rapidement à un érotisme soft
— au vu et au su de Virginia, qui encourage Robert à séjourner
un moment chez Mary à l'occasion d'une convention ou d'une autre...
Il n'est pas clair que les retrouvailles physiques aient jamais eu lieu,
mais sa « permission » était explicite (on pense à celle de Deety
autorisant par écrit Zeb à séduire Hilda, pour mieux en limiter
le champ).
Un Heinlein inattendu, au final, et un cocktail inhabituel, entre
touche de nostalgie, âme de midinette, fidélité inconditionnelle
en amitié et concupiscence bien assumée...
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