ub wrote:
Lucian Boia est professeur d'Histoire à l'Université de Bucarest (né en 1944).
Auteur de Pour une histoire de l'Imaginaire
J'ai ça dans un coin. Pas vraiment convaincu... Ou plutôt : j'y vois un plaidoyer
convainquant en faveur de l'invention de cette nouvelle discipline, mais aucune
solution crédible aux difficultés qui s'accumoncèlent dès qu'on tente de préciser
ce qu'on pourrait entendre par là...
ub wrote:
Quand les centenaires seront jeunes. (...) Loin d'espérer un "cousinage" évident
avec les familles Howards de l'Histoire du Futur, il peut s'agir là, toutefois, d'une lecture
éclairante, remettant en perspective la thématique du rapport de l'Homme au temps,
à la vieillesse, à l'immortalité, et ses racines culturelles, auxquelles Heinlein n'est pas
étranger.
On peut toujours l'espérer ! Tu nous raconteras ?
Un peu dans le même ordre d'idées (problématisation brillante plutôt que
propositions constructives...), je relisais récemment « Ante diem rationis »,
la postface de Jean-François Lyotard au
Science-fiction et capitalisme de Boris
Eizykman (MAME, 1973). Il y relève que, en latin, «
la ratio
n'était pas
une déesse, mais l'établissement des comptes ».
J.-F. Lyotard wrote:
Il y a une duplicité par rapport au temps dans la science-fiction (...)
(...) [elle] révèle, dans le temps des échéances lui-même, un temps
des événements qui n'est pas comptable, que l'on peut au moins
distendre et accélérer, dont on peut faire des avances et des remises.
Sans vraiment adhérer au reste de son analyse, il me semble qu'il y a là
l'esquisse d'un argument assez fort dissociant le temps du vécu, celui
dans lequel, un jour, on doit rendre des comptes, et celui de la SF,
sempiternellement "avant le jour des comptes"...
Dans l'
Histoire du Futur, ça se traduit par exemple, il me semble,
par la possibilité de "s'offrir"' la conquête de l'espace simplement parce
qu'elle est techniquement possible et qu'elle adviendra donc un jour,
mais sans avoir à la payer réellement, quoi qu'en puisse D.D. Harriman.
Mais plus généralement, ça signifierait qu'au contraire du nôtre, le temps
de la SF est avant tout un
outil, le support de jeux logiques (« Vous
les Zombies » !) ou de rénovation de plots séculaires par des spirales
dimensionnelles (
Une porte sur l'été), voire d'exploration psychanalytique
(
Time Enough for Love) ; mais que du coup, il n'a pas forcément grand chose
à nous apprendre sur le temps en tant que — uh ? flêche ? forme
a priori
de la connaissance humaine ?