Nous évoquions ailleurs l'analyse calviniste du petit livre
de Leon Stover,
Robert Heinlein (1987).
Pour lui, le « calvinisme sans théologie » de Heinlein est parcouru
par les “Cinq Points" martelés par Calvin lors du Synode de Dort,
en 1618 et 1619.
Stover les résume ainsi :
L'élection inconditionnelle : ayant sélectionné depuis le commencement
du Monde ceux qui seraient sauvés au Paradis et les renégats qui brüleraient
en Enfer, Dieu a prédestiné tous les événements en fonction de Son plan.
La grâce irrésistible : on n'est pas sauvé en récompense de ses bonnes actions,
mais parce que Dieu l'avait ordonné. Les élus ne peuvent ni mériter, ni perdre
le don de la grâce.
La dépravation totale : la Chute a laissé l'homme dans un état de corruption
et d'impuissance, et il ne peut pas se donner à lui-même de coup de pied
dans les fesses salutaire (*). Les damnés ne peuvent pas plus s'élever
eux-mêmes hors de l'Enfer que les élus jusqu'en Paradis.
L'expiation limitée : sur la Croix, le Christ n'a racheté le pardon divin,
ou la grâce, que pour les élus. Ceux-ci ne choisissent pas, mais sont
choisis pour contribuer au plan de Dieu.
La persévérance des saints : Dieu préserve ses élus ou ses saints,
en dépit de leurs péchés communs. Il les renouvelle dans leurs bonnes
actions, qui de toute façon leur avaient été accordées.
(*) Stover dit
« no bootstrap operation is possible », en référence
probablement au « By His Bootstraps » de Heinlein, traduit en "français"
par... « Un self-made man », dont le Diktor est un bon exemple de damné
dont les efforts pour se créer son propre paradis l'amènent irrémédiablement
à un "enfer personnel" sans issue.
.
Leon Stover wrote:
C'est une doctrine assez sévère.
Non ? Vraiment ?
N'étant pas moi-même de culture protestante, je crains d'avoir un peu triché
et relu mon Heinlein, plutôt, à la lumière du jansénisme. Ou comment finir
par presque reconnaître en Podkayne (clairement pas élue...) une héroïne
racinienne...
