Draco wrote:
Caliban wrote:
C'est Time Enough for Love (1973) et tout le cycle
du Monde comme mythe.
tu mets quoi là dedans ?
tout ce qui va autour du livre de Job?
Non... Il s'agit des quelques romans tardifs dans lesquels
les personnages sont conscients de l'existence d'un ou plusieurs
auteurs-démiurges, et souvent en lutte contre eux.
La chose est théorisée par Hilda Burroughs, un personnage
de
The Number of the Beast (1980 ; la Bête est, évidemment,
l'auteur lui-même, RAH...) ; pour elle, cette idée relève
du « solipsisme multipersonnel ».
Elle est reprise et développée d'abord dans
Le Chat passe-muraille
(1985), dont l'un des personnages-clefs, Hazel Stone, est
elle-même un auteur de SF : on a alors une symétrie parfaite
entre l'univers de la diégèse et le nôtre, pas plus "réel"
a priori.
Enfin,
Au-delà du crépuscule (1987) complique le jeu en faisant
intervenir plusieurs auteurs en concurrence.
Il y a un consensus sur l'appartenance de ces trois romans
au cycle du "monde comme mythe". C'est un peu moins clair
pour
Time Enough for Love (1973), que j'y inclus pourtant
aussi, à cause des jeux de miroir entre Lazarus et l'auteur
(et de sa continuation dans NotB).
Il ne faudrait pas me pousser beaucoup pour y intégrer
aussi « L'Étrange profession de Jonathan Hoag » (1942) :
l'idée est cousine...
Pour moi, c'est brillant — mais beaucoup de gens détestent.
Pas assez "hard science", je suppose... (et pourtant,
ce n'est pas comme si le parallèle avec les idées quantiques
n'était pas poussé très loin !)
Le monde comme mythe est évidemment un "multivers",
avec autant de lignes d'univers que les auteurs peuvent
en créer ((6[sup]6[/sup])[sup]6[/sup] ?), et Heinlein fait le travail assez proprement
pour que chacune de ses propres histoires y trouve sa place,
résolvant du même coup le paradoxe de la dépertinence
de
L'Histoire du futur, rattrappée par la "vraie" histoire :
ce sont simplement deux lignes d'univers distinctes.
Job et
Vendredi s'y intègrent encore plus facilement,
mais comme le lien n'est pas explicite, je préfère les
considérer comme indépendants du cycle.