Je viens de lire coup sur coup deux ouvrages de Scalzi inédits en France,
à ma connaissance, [url=http://www.subterraneanpress.com/Merchant2/merchant.mv?Screen=PROD&Product_Code=scalzi03&Category_Code=B&Product_Count=98]
You're Not Fooling Anyone When You Take Your Laptop
to a Coffee Shop[/url] (Subterranean Press, 2008) et
The Android's Dream
(TOR, 2006).
Le premier est un recueil de textes sur l'écriture, pour la plupart issus de son
blog,
Whatever. Mais au contraire de la plupart des ouvrages à destination
des aspirant-auteurs, il se concentre non pas sur les techniques d'écriture
(sauf à dire, comme Heinlein : écrivez, écrivez, et écrivez encore !), mais sur
la vie de l'écrivain, ses rapports avec le milieu de l'édition, les autres auteurs,
les fans, les revues, les marchés, etc. Les questions financières ne sont pas
esquivées et on y trouve quelques pages parmi les plus percutantes que je
connaisse sur les arnaques des éditions à compte d'auteur (lorsque ce sera
disponible en français, ce sera le lien indispensable qui évitera bien des rabâchages
et des crises de nerfs sur certains forums...) et sur l'économie éditoriale du net
(Scalzi y a publié ses premiers romans, et y a construit un lectorat, avant de
trouver éditeur à son pied...).
Au total, une approche très professionnelle, "
no nonsense", du métier d'écrivain,
— la même que celle de Heinlein, bien sûr, mais prenant en compte les évolutions
les plus récentes du marché de l'édition.
Le Rêve de l'androïde est un roman, d'un style très différent du cycle de
Old Man's War.
Au-delà de la référence dickienne évidente, l'hommage à Heinlein est moins explicite,
mais peut-être plus profond que dans
le Vieil homme et la guerre : il s'agit en partie
d'une satire des sectes et de leur rapport à l'argent, et l'Église de l'Agneau Évolué
n'est pas sans rappeler l'Église fostérite d'
En terre étrangère — qui elle même
parodiait entre autres l'Église de scientologie de L. Ron Hubbard.
Dans le roman de Scalzi, tout le monde sait que le livre sacré de cette secte est
l'œuvre d'un auteur de SF raté, inspiré et manipulé par une vieille dame heinleinienne
en diable ; mais il y ajoute un ressort inédit : les membres de la secte se fichent
de la provenance de ses prophéties, du moment qu'elles se réalisent,
et ils y
travaillent consciemment...
Ajoutez quelques ayas pensantes, à la Mycroft Holmes ou Athéna Long, quelques
aventures rocambolesques (c'est là qu'on était arrivé ?) à la
Vendredi, des ET
gourmands et un premier chapitre de pétomanie appliquée (là, c'est du pur Scalzi,
et de la pure SF), et vous obtenez un roman sans prétention, mais au final bien
sympathique !