Bill Mullins a redécouvert une
jolie note biographique oubliée de Robert Heinlein,
(in
Writing Books for Boys and Girls ed by Helen Ferris. Doubleday & Co,
Garden City, NY, 1952. pp 223-224).
Robert A. Heinlein wrote:
Je compte bien aller sur la la Lune, un jour
L'idée du voyage spatial m'a toujours intéressé. Je ne peux pas me rappeler
d'une époque où ce n'était pas le cas. Mon souvenir le plus ancien de l'idée
de mondes autres que le nôtre se rapporte à une éclipse de Lune que mon
frère aîné m'avait expliquée quand j'avais environ cinq ans.
Je suis né en 1907 à Butler, dans le Missouri, mais j'ai poursuivi ma scolarité
à Kansas City. Dès que j'eus appris à lire, j'ai ratissé la Bibliothèque publique
en quête de livres sur le voyage spatial et j'ai lu Jules Verne, H.G. Wells
et beaucoup d'autres. Déterminé à devenir astronome, j'ai lu tout ce que
j'ai pu trouver sur la question, et j'ai essayé de me construire un télescope
et de tracer une carte du ciel étoilé.
Avec un groupe de garçons du lycée de Kansas City, nous avons crée un club
scientifique, qui m'a servi de modèle pour le “Club Galilée" dans Rocket Ship
Galileo. Comme lui, notre "Club Newton" n'avait aucun lien officiel avec
le lycée, car celui-ci avait son propre club scientifique, auquel nous appartenions
d'ailleurs aussi. Mais nous avions besoin d'un peu plus de marge de manœuvre.
Notre club a réuni assez d'argent pour acheter un télescope assez puissant,
et d'autres matériels scientifiques. Nous avions installé des laboratoires dans
nos caves — de radio, de chimie, de biologie, et ainsi de suite. Nous ne
disposions pas d'un terrain de lancement de fusées expérimentales, mais
je connais un club de lycéens de Glendale, en Californie, qui en a un,
aujourd'hui.
Mon roman, Rocket Ship Galileo, trace un tableau réaliste de ce
que des adolescents peuvent faire, et que certains font, en matière de
recherche sur les fusées.
Je n'ai pas pu devenir astronome. A la place, j'ai été nommé à l'Académie
Navale des Etats-Unis, à Annapolis. Après mon diplôme, j'ai rejoint la Marine
comme officier d'active. J'ai été réformé alors que je servais sur un destroyer,
et mis à la retraite. Dans l'intervalle, j'avais épousé Leslyn MacDonald, une
fille de Hollywood. Alors, quand la Marine m'a mis au rancart, nous nous
sommes installés dans sa ville.
En 1939, j'ai tenté d'écrire une nouvelle de science-fiction et je l'ai
envoyée à une revue. Et ils l'ont achetée ! J'ai regardé autour de moi
d'un air ahuri, et j'ai demandé « Et ça fait combien temps que ça
marche, cette affaire ? ». J'en ai écrit une autre, et je l'ai vendue
aussi. J'étais accro. J'ai continué à écrire ce genre d'histoires jusqu'à
ce que nous soyons embarqués dans la seconde guerre mondiale,
et j'ai arrêté pour la durée du conflit. Rien d'héroïque — retour
au génie naval. J'ai passé la guerre enterré dans les laboratoires
de la Marine à Philadelphie, à faire de la recherche et du développement
en génie aéronautique. Ma femme était là, aussi, et travaillait
dans l'Usine d'Avions de la Marine.
Après la guerre, j'ai recommencé à écrire, et mon premier texte
de fiction fut Rocket Ship Galileo.
Je compte bien aller sur la la Lune, un jour — non pas, comme mes
jeunes héros, dans une aventure romantique, mais comme passager
d'un vol dûment programmé et autorisé. Certains d'entre vous
pourriez bien y aller avant moi, parce que ça ne va pas tarder.
La recherche scientifique est presque achevée. Les techniques
nécessaires sont à notre portée. Il ne reste que le travail de
développement, d'expérimentation et de test. Mais nous atteindrons
les planètes et c'est vous — la jeune génération d'aujourd'hui,
qui ira.
La date de première publication, dans
Young Wings: The Magazine of the Boys'
and Girls' Book Club, n'est pas précisée, mais elle pourrait remonter
à 1946 ou 47, avant son divorce d'avec Leslyn.
Nous n'avons pas encore visité les planètes, mais sa prédiction
reste étonnamment précise et bien ciblée, à une époque où personne
ne croyait à la simple possibilité d'aller sur la Lune : en 1947,
Neil Armstrong avait 17 ans...