Dans « Grandeur et misères de la science-fiction »
(« Science Fiction : Its Nature, Faults & Virtues »),
Robert Heinlein wrote:
Certaines histoires sont des créatures assez exotiques pour défier
à peu près n’importe quelle taxonomie littéraire. Un écrivain compétent
peut combiner dans la même histoire un élément de fantaisie, un peu
de science-fiction, une histoire contemporaine, une autre historique
et un petit bout de futur ; de la comédie, de la tragédie, du burlesque,
et un peu de pure propagande haut-les-cœurs — en fait, j’en connais une
qui réunit tous ces éléments : Caleb Cartum’s America, de Vincent McHugh.
D'après Bill Patterson, Leslyn et Robert Heinlein avait été proprement fasciné
par ce livre lors de sa sortier en 1936, au point de le prêter à tous leurs amis,
voire d'en faire un test de leur ouverture d'esprit...
C'est un bouquin assez étonnant, de fait, hénaurme, quelque part entre
Pantagruel et
Ubu roi — une tradition qu'on associe rarement à Heinlein,
mais dont l'influence semble bien réelle sur son œuvre. En l'occurrence,
au-delà même de la parenté évidente entre Caleb Catlum, l'éternel
hobo,
sur Lazarus Long, on peut se demander si
Time Enough for Love (1973)
n'est pas la réponse de Heinlein au roman de McHugh —
« un peu de science-
fiction, une histoire contemporaine, une autre historique et un petit bout
de futur », etc. , de même que
Job (1984) à ceux de James Branch Cabell
lorsque, après trois décennies au sommet de la science-fiction, Robert Heinlein
se perçoit enfin comme
« un écrivain compétent »...
