Dans son récent manuel,
La Science-fiction, lecture et poétique d'un genre littéraire,
Irène Langlet cite un article de Stanislas Lem, [url=http://www.depauw.edu/sfs/backissues/3/lem3art.htm]« L'Histoire de voyage dans le temps
et quelques questions associées de structuration de la SF »[/url]. Celui-ci y évoque bien sûr
« Vous les zombies », dont il démonte la structure temporelle . Ce faisant, pour elle Lem
« tue le texte » (suivant une expression de Genette) ; dans son étude de la nouvelle
de Heinlein, Irène préfère s'intéresser au « paradoxe narratologique » selon lequel
Irène Langlet wrote:
En restant linéaire, [Heinlein] s'interdit par définition de respecter la linéarité
historique... et décompose, ou recompose ainsi la linéarité généalogique.
Il y a du vrai : Lem, qui peut être si drôle, est stylistiquement lourdingue dans cet article.
Mais il y propose aussi une idée étrange. Il distingue boucles temporelles « minimales »
et « maximales ». On pourrait s'attendre à ce que le petit chef d'œuvre d'imbrication
que constitue « Vous les zombies » soit représentatif des secondes, mais pas du tout.
Pour Lem, la boucle minimale est celle dans laquelle, par exemple, un homme est
son propre père : en-dehors de l'interaction avec sa mère, le reste de l'univers en
est pratiquement inchangé. A l'inverse, la boucle temporelle maximale sera celle
l'univers entier est affecté par le paradoxe (voire créé par rétroaction). En ce sens,
les boucles multiples de « Vous les zombies » sont « plus petites » que la boucle
minimale de référence : la "mère célibataire" est strictement auto-suffisante.
La boucle sub-minimale, ou le sur-paradoxe...