Ce qu'il y a de bien avec les élections américaines, c'est que dès qu'on
croit en avoir compris une règle, c'est une autre qui s'applique. Entre les
machines à voter antédiluviennes qui ont élu Bush Jr et les cinquante
procédures différentes dans autant d'États pour les primaires actuelles,
il y en a pour tous les goûts...
Par chance, l'unique série télévisée que j'aie vue intégralement ces dernières
années,
The West Wing, était une excellente introduction aux subtilités
du
lowering the expectation (où comment Hillary triomphe avec 2%
d'avance sur Barack dans un État que tout le monde disait gagné d'avance
un mois plus tôt, et où une victoire de moins de 20% aurait alors tenu
de l'échec) et autres petits flingages entre amis. La série avait même
son brillant candidat sinon Noir, du moins Latino...
En cela, elle avait été précédée par (cette question !) Robert Heinlein
qui, dès 1980, au plus fort des tensions est-ouest, mettait en scène
dans « Over The Rainbow » une Amérique enfin réconciliée avec le reste
du monde sous l'impulsion d'une Présidente Noire. Un texte un rien simpliste,
mais émouvant et d'un optimisme aussi bienvenu qu'inattendu à l'époque,
surtout en conclusion du sévère
Expanded Universe.
Mais le plus instructif pour moi reste
How To be a Politician (1946)
Le manuel est daté, mais ses archétypes de politiciens américains durs
à cuire, de « Machines » électorales implacables, me semblent toujours
assez pertinents. Et si je ne suis pas absolument sûr que l'Amérique soit
prête à élire un président Noir (j'espère être surpris...), Barack Obama
m'en semble tout droit sorti : j'ai donc tendance à sourire lorsque les
journaux français nous le présentent comme un idéaliste dont les vilains
politiciens chevronnés ne feront qu'une bouchée...
Le spectacle ne fait que commencer !